LE GENDARME QUI A DONNÉ SA VIE

LE MOT DU PASTEUR - AVRIL 2019

C’est cette expression que j’entends à l’instant sur France Inter, une expression qui crée en moi une vive émotion... c’est vrai ! Cela va faire bientôt un an qu’Arnaud Beltrame s’est avancé... vers le terroriste à Trèbes, pour offrir sa vie à la place d’une otage.
Je n’ai pas vu ces images mais j’imagine la scène, la densité et les enjeux de ces instants où un homme seul s’avance, déterminé, puis, rencontre celui qui finira par le tuer.

Ce fait émouvant a marqué l’histoire de France par le don et les valeurs d’un homme face à la haine et à la violence. De nouveau, est revenue en avant la figure d’un héros, en raison de son amour, de son abnégation ; figure qui contraste tant avec d’autres héros.
Ce fait émouvant me permet de mieux comprendre comment Christ à Gethsémané s’avance devant ses disciples pour s’offrir à une foule en armes, et qui tout en s’offrant avec majesté, protège ses disciples :

« Si donc c’est moi que vous cherchez, laissez partir ceux-ci. »
Jean 18.8b

A l’écoute d’une telle phrase "le gendarme qui a donné sa vie", d’autres cordes de mon cœur se mettent à vibrer, car cette phrase fait partie du patrimoine chrétien pour la plupart de ses mots. Inévitablement nous sommes ramenés vers l’Ecriture, vers Christ qui a donné sa vie, afin de nous libérer, nous qui étions prisonniers du
Diable, esclaves du péché.
Bien des passages bibliques permettent de faire des déclinaisons à cette expression :

Christ, au temps marqué est mort pour des impies.
Romains 5.6
Le Père m’aime parce que je donne ma vie afin de la reprendre.
Jean 10.17
Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils…
Romains 5.10
Lui, qui n’a pas épargné son Fils, mais qui l’a livré pour nous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi tout avec lui, par grâce ?
Romains 8.12

Arnaud Beltrame a pu donner sa vie, en raison de ce qui le constituait et de sa mission. Christ a donné sa vie, en raison de sa personne et de sa mission. Tous ceux qui croient que Jésus est le Messie, saisissent qu’ils sont pierre de construction de l’Eglise, et inscrits à la suite du Christ, si du moins nous retenons ses mots : si
quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-mème, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.

Notre communion au Christ, est une communion heureuse, mais elle a ses renoncements, ses douleurs. Que chacun d’entre nous le réalise, comprenne ce qui a été incompréhensible aux disciples, et donc non mémorisé, à Césarée de Philippes – que Jésus devait être mis à mort et ressusciter le troisième jour – Matthieu 16.21
Alors que Marthe Elsass nous a quittés, notre attention est ravivée par ces deux étapes de la vie du Christ, qui ont pour nous aussi une réalité : "porter notre croix" et bénéficier de la gloire de la résurrection.
Soyons en chemin vers Pâques, en réelle communion avec le Christ.

Antoine Da Silva