IL EST BON D'ATTENDRE EN SILENCE LE SALUT DE L'ETERNEL

LE MOT DU PASTEUR - AVRIL 2020

janvier 2020

Quel printemps !
Si d’habitude le printemps est signe de vie, de couleurs, de reprises d’activité, nous voici dans une situation tout à fait exceptionnelle par le confinement, le télétravail et hélas, la mort qui continue à décimer nos familles.
Ce printemps, n’est pas sans faire penser à un autre printemps, celui où les larmes du Seigneur ont coulé à Béthanie devant la douleur de Marthe, de Marie, d’une humanité prisonnière de la mort ; celui où des grumeaux de sang ont coulé dans un jardin, Gethsémané.... Puis, quand la mort frappa le juste à Golgotha.

Un virus avec une menace de mort nous confine, un peu comme Jérémie lors de la tragédie de Jérusalem, nous donne l’impression que nous sommes emmurés. Pour beaucoup d’entre nous, seuls les moyens de communication et nos prières nous permettent d’aller au-delà de nos murs.

Beaucoup de familles sont choquées en voyant si rapidement leurs parents s’en aller, parfois abasourdies, devant une mort qui ampute et sème le vide. Nous vivons, nous aussi, Eglise, ce que tant d’autres vivent dans notre monde, petits et grands, croyants et non croyants, du nord au sud, de l’est à l’ouest. Alors devant une telle
situation nous essayons de comprendre, de prier, de questionner l’Ecriture.

Le prophète Habaquq qui a si bien lu les erreurs de son époque, grâce à une fine connaissance de la loi de Dieu, a interpelé le Seigneur, posé des questions quant à l’injustice sociale et à la manipulation du droit que le Seigneur permettait ; Habaquq a aussi questionné le Seigneur quant à sa rétribution du méchant par plus méchant
encore, l’armée chaldéenne.

En situation de prière, sûr du bien-fondé de son indignation, Habaquq a entendu cette réponse du Seigneur « le juste par la foi vivra ». Réponse qui nous est si chère : malgré tant de « pourquoi », il nous faut espérer dans le Seigneur, faire confiance à ce qu’il permet et à ce qu’il fera, croire en son amour et en sa fidélité.​​

Cette réponse du Seigneur est une ancre dans nos ballotements. Nous sommes dans la main de Dieu, ni la mort ni la vie ne peuvent nous en ravir. Si le Seigneur a fait le plus, le don de son Fils sur la croix pour sauver celui qui croit, dans la foi il fera le moins ; nous garder en Lui à l’heure de l’épreuve. Nous voulons dire par la foi, et dans la foi, à chacun et particulièrement à ceux qui souffrent : vous êtes aimés. Vous êtes aimés malgré les apparences, malgré le voile de la mort qui pose une ombre sur la lumière.
Cet amour s’exprime dans la fraternité de l’Eglise, dans les solidarités humaines si réelles aujourd’hui, - tout don excellent nous vient du Père des lumières,
nous dit Jacques le frère du Seigneur.

Devons-nous penser que nous sommes introduits à grande vitesse vers un temps apocalyptique qui appelle les hommes à la repentance et l’Eglise à se rapprocher de son Seigneur ? On peut tout à fait comprendre cela ; l’Eglise de l’Ecriture loue souvent le Seigneur pour ses temps de jugement sur notre monde et se souvient que ce n’est pas volontiers que le Seigneur humilie ou qu’il afflige les fils de l’homme (Lamentations 3.33) ; Esaïe relevait en son temps que le juste périssait et que personne ne prenait cela à cœur (Esaïe 57).

Le temps apocalyptique, nous rappelle profondément le combat du monde contre Dieu, un combat qui culminera à la fin des temps, comme il culmine dans le Psaume
46. Devant, nos réalités et tant de questionnements, nous invitons chacun, tant que le Seigneur renouvelle nos forces et ses bontés à nous investir là où nous sommes et à vivre ce temps de Pâques en posant les parfums du soutien, de la paix, de la joie.

Comme Jérémie puissions-nous vivre par la foi ces mots :

« il est bon d’attendre en silence le salut de l’Eternel »

Que la croix de Christ, et sa présence auprès du Père depuis l’Ascension forment les couleurs d’un printemps dans le printemps.

Antoine Da Silva